L’Inconnu du pont… | Part I
L’Inconnu du pont de la Garonne
Première partie
roman pluriel
Pour
participer à l’écriture de ce roman collectif : écrire votre fragment
dans le commentaire. J’intègre ou je n’intègre pas (c’est moi le maître
du jeu). Indiquez où vous souhaitez voir insérer votre texte car il ne
s’agit pas de cadavres exquis, le texte peut être nourri çà et là,
complété… J’essaierai au fur de maintenir la cohérence.
Périodiquement je “lisserai” tout ça… Et pourquoi, au final, n’y
aurait-il pas une publication ? (Le premier roman collectif écrit sur
le net !) Soyez inventifs et inventives…
Les personnages :
- Un cadavre inconnu
(Charles-Antoine Bastien | Claude Pilchard)
- Docteur Culsec : médecin
légiste
- La divine Ludivine (meuf
de Culsec)
- Inspecteur Pinault (chargé de l’enquête)
- Commandant Franco
- Devin dit “l’Asseulé”
(l’adjoint de Pinault ?????????)
- Marysol, travelo
brésilien (amant de Pinault ?)
- Inspecteur Lazaguard (c’est une femme)
Les indices :
- Une Bentley (probablement fausse)
- Le cadavre porte, tatoué, un petit papillon aux ailes dépliées.
1
(par DEB) :
Il
y avait des semaines pourtant que le cadavre avait été
découvert. Mais, de gendarmerie en gendarmerie, de
commissariat en commissariat, de police connue en police secrète,
d’Interpol en FBI, enfin, partout c’était la même
réponse : Inconnu.
Car
voici : cet homme, disons la quarantaine, retrouvé mort
dans sa Bentley sous un pont au bord de la Garonne, ne devait pas
être n’importe qui.
Et
pourtant toutes les fiches de renseignements revenaient avec cette
seule mention : Inconnu.
2
(par electron libre33) :
Les
premières recherches ADN n’avaient rien donné. Le
médecin légiste n’en revenait pas. Il n’avait, en
35 ans de carrière, jamais eu pareil cas. Le renommé
Docteur Culsec commençait à se demander s’il n’était
pas l’heure pour lui de raccrocher le bistouri. Était-il
atteint d’une terrible maladie à la mode, qui lui faisait
perdre la tête? Ou la mémoire de ses gestes et
techniques flanchait-elle vraiment? Inéluctablement? Culsec ne
savait plus. Non, ce cadavre, ne lui plaisait pas mais lui laissait
une odeur amère dans les narines. Il était déstabilisé.
Profitant de l’heure tardive et des couloirs déserts de
l’institut médico-légal, il se servit un double
whisky qu’il avala cul-sec.
3
(par petite mauve) :
Et
si la Bentley n’était pas à lui ? Ni louée
ni prêtée ? Et si ce n’était qu’un hasard un
malheureux hasard. Poisseux hasard !
Fallait
l’examiner cette caisse, rechercher les cheveux, les résidus
divers s’il y en avait… Fallait faire venir un chien, qu’il
renifle ! Rechercher à qui elle appartenait et qui sait
trouver une piste ? Examiner les sièges, le sol, des traces de
sang ? de foutre ? Y avait peut être une femme derrière
tout ça ? Y a toujours une femme ! une pute ? Une bourge ? Qui
sait les deux à la fois… se disait le flic pas macho pour
deux balles !
Ouais
une meuf, trouver la meuf !!!!!
Mais
qu’est ce qu’il lui arrivait ? Il se sentait mal, mal, envie de
gerber. Le whisky ? avalé trop vite qui sait !
Et
voilà qu’il se mettait à penser à la sienne,
son ex qui l’avait plaqué pour un voyou. Les femmes adorent
les voyous, c’est connu ! La sienne à lui, enfin, son ex, à
lui, c’était un canon ! whisky - canon ah ah (ah Lacan!)
voilà qu’il faisait de l’humour maintenant. Bien le moment
! En tout cas sa meuf, la divine Ludivine il l’aimait encore. Elle
lui manquait et ce soir… il l’aurait bien lutinée sur le
capot de la Bentley tiens ! Comme dans
Crash
de Cronenberg…
Bon
suffit ! Revenir à la Bentley. trouver qui ? quoi ? Pourquoi ?
4
(par DEB) :
L’histoire
de la Bentley avait un je ne sais quoi de suranné. Pourquoi ce
type avait-il loué cette voiture de luxe juste pour s’y
faire assassiner ? Et pourquoi là, sous ce pont isolé,
dans cette campagne perdue, en bordure de ce fleuve boueux ?
L’histoire
de ce Charles-Antoine Bastien avait un je ne sais quoi de pathétique.
Il ne s’appelait même pas Charles-Antoine Bastien, mais
Claude Pilchard. Comme les maquereaux en boîte, à la
sauce tomate - pas si mauvais que ça, du reste. Mais passé
de mode.
5
(par Solange) :
Le
docteur Culsec trouvait à cette histoire un goût
singulier. Disséquer un Pilchard, en effet, ne manquait pas de
saveur. Il faut dire que le docteur Culsec, qui accompagnait toujours
ses pilchards d’un petit muscadet de Sèvre et Maine, n’était
pas bordelais d’origine. Aussi, il avait toujours du mal à
comprendre ces gens du Sud-Ouest à l’accent et au geste
vifs. Lui qui arrivait d’une région où les vignes
basses et sans prétention donnent un petit vin blanc et sec
qui ne peut en rien rivaliser avec les Entre-Deux-Mers et autres
grands crus bordelais, avait du mal à saisir tous les
comportements de ces descendants friqués de grands
propriétaires ou d’habiles négociants. Alors, vous
pensez bien ! Déjà que vivants il avait du mal à
tout saisir d’eux, une fois morts, morts et muets, morts et
complètement sans vie… que ce bordelais baroque soit venu se
faire trucider dans une Bentley, en bordure d’un fleuve qui comme
tous les fleuves charriaient avant tout de l’eau, pour Culsec,
c’était du chinois.
Chinois
? vous avez dit Chinois ?
Culsec,
regarda de plus près son cadavre exquis, et là … là,
il devint vert et son collègue Elie Devin qui l’assistait
dans sa dissection vit soudain le bon Culsec rire jaune.
6
(Par Jean Claude Palustrade) :
Pendant
que Culsec et son assistant se chargeaient d’expertiser le
macchabée, l’inspecteur Pinault se voyait confier
d’enquêter. Ce policier, la trentaine, était d’une
apparence négligée et nonchalante. Il avait une sale
gueule, yeux cernés, une barbe de 5 jours, le dos courbé
et toujours les mains dans les poches. Ce qui était étonnant,
pour lui autant que pour ses pairs, était qu’il se voyait
confié une enquête que personne ne semblait pouvoir
résoudre. Dire qu’on l’avait prévenu la veille,
alors qu’il décuvait péniblement auprès de
Marie, une artiste un peu hystérique et très dépravée,
rencontrée dans un bar. Ces ébats éthyolisés
et le peu de sommeil le rendaient peu apte à gratter des
poiles de cul dans cette Bentley de merde.
Quand
il arriva sur place, il y avait déjà toute une
ribambelle de flics en train de trimer. On aurait dit des fourmis
grouillant autour d’un morceau de sucre. Sa tête le lançait
atrocement. Il manqua de vomir, quand un policier en uniforme vint le
voir. D’un ton sec, il lui demanda de déguerpir. Peut être
l’avait t-il tutoyé. Pinault n’en savait rien et
franchement il s’en foutait. Il regarda le flic dans les yeux avec
son air fatigué. Un léger rictus moqueur sur le visage,
il poussa l’autre flic d’un coup d’épaule. Je
vais encore devoir bosser avec des connard on dirait,
se mit il à penser très fort.
- Hey
connard, tu te crois où ! hurla le petit teigneux humilié.
Avant même qu’il ait pu le saisir à l’épaule, l’inspecteur à l’haleine pestilentielle sortit sa plaque et par la même occasion fit tomber ses clopes par terre. Alors qu’il les ramassait, le petit teigneux humilé s’excusait auprès de Pinault. Putain, il va me falloir un café, et en plus il commence à pleuvoir. Non, aujourd’hui c’est pas mon jour.
7
(Par georgelennick) :
De
son côté, la brigade d’élite qui disséquait
la Bentley fit une découverte assez étrange. Bizarre
même… La limousine gris métallisé ressemblait à
une Bentley, elle avait l’odeur cuir et bois de rose des Bentley,
le cabochon de radiateur conforme d’une Bentley… mais ce n’était
qu’une vulgaire copie. C’était du Made
in China
! Du toc. De la gnognote…
- Encore
un coup des Chinois ! s’écria le commandant Franco, dressé
sur ses ergots de coq franchouillard et rase-motte.
8
(Par Rochambeau):
Devin
dit “l’Asseulé” par son chef, car sa maîtresse
l’avait quitté ( il trouvait que c’était dur comme
humour pour lui, perdu sans elle) s’écria :
- Eh
Cusec ! (il avait donc pris l’habitude, suivant l’humour de son
patron de prononcer tous les noms ou mots sans L) tu ris jaune car
tu es eurasien et pour toi c’est du chinois. Allez arrête,
ton Pichard ( comprenait-t-il son humour avec arrête), t’as
compris que c’était un gros poisson avec son pubis rasé
et à cet endroit ce tatouage d’un dragon. T’as compris
d’où il sortait !
-
9
(Par Brigitte Giraud) :
L’homme
mort avait eu des pensées d’homme, des rêves, des
illusions perdues. Il avait écouté son coeur battre sur
un autre coeur. Il avait bougé ses jambres, ses bras, ses
mains au bout. Il avait porté à ses lèvres une
tasse de café crème, mangé la mousse à la
petite cuillère, aspiré la fumée d’une
cigarette. Il avait eu les gestes ordinaires d’un vivant ordinaire
qui traverse des heures délicates et légères. Il
avait eu aussi les gestes lourds d’un être que l’existence
émiette comme un vieux pain. Claude Pilchard n’avait jamais
su se défendre contre cette “chose” qui le hantait. La vie
parfois menace la vie, vous savez. Alors, pour combattre ce mal qui
l’encombrait et qu’il tenait pour une infirmité, défiant
ses mauvais génies, il s’était fait tatouer sur
l’épaule gauche un petit papillon aux ailes dépliées,
s’était inventé d’improbables envols dans des ciels
lisses. A présent qu’il était mort, le papillon
allait mourir aussi, tout englué qu’il était dans ses
chairs roides et qui puaient. Sûr que la dentelle de ses ailes
allait tomber bientôt comme une vilaine cendre ! Culsec ne
pouvait détacher son regard de l’insecte. Peut-être
voulait-il le sauver, le prendre dans le filet de ses mains,
l’arracher à cette peau qui déjà pourrissait ?
Peut-être avait-il vu ce tatouage, ailleurs, sur un autre
corps, accroché à un souvenir qui refaisait
soudainement surface, un feu qui l’embrasait tout entier ?
Peut-être tout simplement avait-il peur des papillons, depuis
longtemps, depuis toujours, une peur qui paniquait ses sens et le
laissait muet d’effroi ?
10
(Par electronlibre33) :
Voilà,
il avait trouvé ! Et son sang se glaça une nouvelle
fois. Ce corps, il le connaissait. Il en était sur maintenant.
Ce papillon, en train de se décomposer plus vite que le corps
lui-même, lui évoquait quelques souvenirs désagréables.
Mais impossible d’identifier cette étrange sensation. Au
diable l’ADN qui ne voulait pas parler. Un simple tatouage sur un
macchabée en disait plus que toutes les techniques ultra
modernes qu’il pratiquait tous les jours. Le pauvre docteur Culsec
fut obligé de sortir de la chambre froide. Reprendre ses
esprits. Voir la lumière du jour. Se tâter, se pincer,
pour s’assurer qu’il ne gambadait pas dans un mauvais rêve.
Il vivait un moment étrange. Très étrange.
11
(Par georgelennick) :
Oui.
Ce corps d’hommasse au joli papillon, eh bien il l’avait aimé…
Il l’avait aimé comme un fou alors que Marysol, ce travelo
brésilien qui était encore femme, venait de débarquer
à Paris… Il y a quatre, cinq ans… Un siècle.
Il
se rappelle l’invite de ce pubis déjà rasé,
avec les mêmes deux petits points de beauté près
de la cicatrice de l’appendicite, il se souvient y avoir promené
ses lèvres plus que de raison alors que ce sexe flasque et
ridicule comme une chipolata décongelée n’était
pas encore greffé là… Il remarque maintenant
l’arrondi des hanches qui confirme sa peur. Marysol !
Pute
borgne! Sûr que c’est elle… avec une barbe de trois jours…
Pauvre fille… C’est vrai qu’elle aimait plus que de raison me
sodomiser à grands coups de vibromasseur et qu’elle y
prenait un plaisir pervers… Mais comment a-t-elle pu faire le pas
et coudre cette cicatrice qui me rendait fou ?
12
(Par caféine) :
La
ligne est brouillée, ses capteurs nazes.
Monologue
d’éclates, friture de non-dits. Blablatages connectiques
ondulées tout azimut. Interférence et diffraction en
non sens.
Désirs
perdus dans le triangle des Bermudes. Circuits niqués à
l’eau pas tango Charlie, Le monde parallèle en dent de scie
ego in. Ronflements décodés:du morse noyé.
Déphasage sans regard, trou noir sans friction. « ET »
email maison, carte mère « off line », Puce
saturée, souris dératée gratte le sonar-zona.
En
caisson blindé, La tornade magnétique neutralisée
L’après sans parasite, la Marysol, la si do.
13
(Par Rochambeau)
L’asseulé
regarda son chef avec surprise. C’était la première
fois qu’il le voyait comme cela, bouleversé. Alors, pour
essayer de le dérider il lui dit en riant :
«
Je ne voudrais pas te chercher de chinoiseries, mais ça jette
un froid de sortir de sortir de ce type de chambre ! Tu vois, je ne
vais même pas répondre à tes piques sur mes
origines : c’est ma Mère qui était Viet. Quant à
ton humour sur les chambres froides, c’est du réchauffé.
Mais ton histoire de chinoiseries, me fait penser encore plus à
ce je viens de comprendre et qui me fout la trouille. ? Tu sais que
mes Parents, je te l’ai déjà raconté, ont vécu
à Hong-Kong du temps des Anglais. Et si j’ai choisi cette
spécialité, c’est parce que mon Père médecin
autopsiait les corps là-bas. Son nom était connu des
flics et de leurs ennemis. Je le sais puisque j’ai fait mes débuts
avec lui. Plusieurs fois il a autopsié des corps de mecs pas
très nets qui avaient ces deux tatouages. Curieux comme il
était, il a mené son enquête. Il m’avait dit
que ces gars là faisait partie d’un groupe tout puissant
d’un groupe mi-secte, mi-mafia qui supervisait tout ce qui était
salles de jeux, prostitution, etc.. Le fondateur s’était
inspiré d’une légende chinoise ou l dragon crache des
papillons. Mais hélas mon Père, peur avant le départ
des Anglais, a été abattu un soir en rentrant chez
lui.. Et je crois bien que cette Organisation mafieuse a pris le
contrôle du passage des clandestins d’une région du
Sud de la Chine, jusqu’en France pour ensuite les faire marner pour
rembourser le prix élevé de leurs services. Je suis sûr
qu’ils font travailler des loubards d’ici pour mieux passer
inaperçus. Et celui-là a du être trop bavard.
Mais comment aller dire cela à cetet espèce de flic,
Pinault ! Et pourquoi ris-tu ?
- Parce
que Pinault vient de Cognac ?
- -
Ah c’est malin. Moi ça ne me fait pas rire . J’ai peur
d’en parler aux flics, car si ces crétins racontaient
qu’ils sont sur cette piste grâce à moi, et bien je
crois que je risque gros. Car en plus ils connaissent mon nom, à
cause de mon Père qu’ils ont abattu. Les journaux d’alors
ont en assez parlé là-bas. Je revois les titres «
Le médecin Culsec, chef du Département Autopsie du
Centre Hospitalier avec lequel travaille la Police, a été
abattu. Il avait enquêté sur un groupe mystérieux
» Alors tu comprends j’ai les boules. Alors tout ce que je
t’ai dit tu le gardes pour le moment pour toi. Tu as compris ?
- Oui, répondit l’Asseulé presque en tremblant.
14
(Par Cafeine) :
Et
les boules,les boules de pétanque, pas celles de geishas dans
le coffre de la Bentley ?
15
(Par amb55) :
Culsec-Discek
n’en revenait pas. Bon sang, mais c’est bien sûr. Marysol….
Il se sentit pris de bouffée de chaleur. Il fallait qu’il
prenne l’air, oui. Cela devenait urgent.
Avant
de sortir, il mit deux euros dans la machine à café.
Celle-ci renâcla un moment puis lui remis sa monnaie en
affichant hors
service.
C’était bien sa veine. Il passa donc au distributeur de
boissons fraîches et après avoir refilé sa
monnaie à l’appareil cliqua pour commander une bière.
Une canette roula dans le distributeur avec un bruit de ferraille.
Il
fit sauter la languette et un pschitt s’échappa. Cela ne
valait pas un petit noir, mais après tout quelques bulles ne
lui feraient pas de mal.
Il
sortit tout en sirotant sa 33import.
L’air
frais lui fit du bien. Il s’assit sur un banc et jeta la tête
en arrière en respirant à pleins poumons tout en se
disant que la vie avait du bon, ne serait-ce que cette banale petite
gorgée de bière, et qu’avant de se retrouver dans le
même état que ses patients qui n’avaient plus rien à
attendre de ses prouesses chirurgicales, il avait encore envie de
profiter des plaisirs d’ici-bas.
Il
en était là de ses réflexions quand un papillon,
un de ces jaunes citronnés qui reflètent la lumière
du soleil sur les milliers d’écailles composant leurs ailes
fragiles, vint voltiger autour de lui. Il suivit tout d’abord des
yeux l’insecte intrépide s’attendant à le voir
s’éloigner très vite vers quelque fleur. On était
au printemps. Mais le petit citron au lieu de s’éloigner
continuait sa danse tout autour de Culsec-Discek et de sa bière.
Il vint même un moment se poser sur le rebord de la canette
déroulant sa trompe pour profiter des quelques gouttes égarées
croyant sans doute profiter d’un doux nectar.
Ce
papillon … ah, ce papillon … mais qu’avait-il à le
coller comme ça ? Il fit un geste de la main pour éloigner
la bestiole qui commençait à l’énerver mais
celle-ci au lieu d’aller virevolter un peu plus loin, vint se
poser, là, oui, là,juste derrière son épaule,
et pas n’importe laquelle, derrière son épaule
gauche.
16
(Par petite mauve) :
Pendant
ce temps la divine Ludivine s’envoyait en l’air avec son voyou.
Ah ! Comme elle l’aimait son voyou, comme il la faisait grimper aux
rideaux. Beau gosse carrossé comme une Bentley oui une vraie !
Pas une en toc ! des muscles et qui roulaient sous sa peau brune et
épilée, huilée. Il fréquentait les salles
de musculation et se bourrait de protéines pour ressembler à
Jean-Claude, oui vous savez bien qui, Jean-Claude V, comme Vandamme !
Madame ! Mais en vrai il était bien mieux que le Vandamme, il
avait le type latino, proche de… voyons, la divine Ludivine
réfléchissait, ou proche de Pacino ! Voilà.
Ahhhh quel homme son voyou ! Un sacré bon coup son voyou. Et
tigresse elle était d’une jalousie féroce. Attention
à celle qui approchait de trop prés !!! Griffes acérées
et lèvres retroussées sur ses dents limées, la
divine Ludivine était prête à mordre, à
griffer, à déchirer le joli minois en face et à
le marquer de sa colère divine. fallait pas y toucher à
son voyou. Sa Bentley d’amour. Qui avait sur l’épaule
droite, un tout mimi, tout joli papillon tatoué… Un amour de
papillon qu’on aurait dit prêt à s’envoler. Et elle
la divine Ludivine chaque fois qu’ils baisaient elle se sentait
pousser des ailes en regardant le papillon. Elle s’envolait direct
au ciel des plaisirs éternels. Ce papillon la faisait jouir,
oui, il avait un pouvoir sur elle. Magique ! Et là ce soir, en
s’envoyant en l’air avec son voyou, alors même qu’elle
matait ledit papillon, voilà qu’un autre papillon, un vrai
celui là un jaune citronné s’introduit dans la
chambre, dans sa vie, dans ses ébats et vient la troubler.
Voletant de ci de là il la titille, la fixe, s’approche
comme pour ala butiner et brusquement se pose sur l’épaule
gauche de son voyou, qui n’a rien vu venir tout occupé à
la besogner. Un cri ! La divine Ludivine s’est évanouie…
17
(Par petite mauve)
Moi
en toc ? Mais pour qui tu te prends toi ? J’suis une Bentley, une
vraie. Made
in China eh alors !!!! Elles
sont toutes made in China maintenant… Et puis tu t’es vu toi ?
Comment t’es carrossé ? Moi, Monsieur, il y a des petites
mains chinoises qui m’ont sculptée ! Oui Monsieur. Qui m’ont
amoureusement donné le jour. Qui ont caressé mes ailes,
bichonné mon coffre, palpé mes sièges, embrassé
mon pare choc,léché mon cabochon, câliné
mes pneus, qui ont frotté mes phares, tâté mon
cuir, qui m’ont susurré des mots doux, qui m’ont
ahhhhhhhhhh fait tellement plaisir. Jamais t’auras ça toi.
Jamais. Non, mais tu t’es vu ? J’en voudrais pas de tes bras
malingres, de ta peau rugueuse et mal rasée. Moi Monsieur, la
mienne est lisse et douce. Je brille de mille feux, mes essences sont
rares et précieuses, je suis de l’aristocratie moi ! Du
respect Monsieur ! Du respect. Et en plus, j’en sais des choses,
tellement de choses… mais je ne parlerai pas Monsieur car moi j’ai
de la vertu, je suis un tombeau… oui un tombeau.
18
(par iguane) :
A
qui profite le crime, voilà la question essentielle,
existentielle, enfin dans ce cas plutôt mortelle…
Quel
est l’abruti qui nous fait cette sortie polardesque ? IL ET INCONNU
le mort, à part la Bentley et le papillon, tiens ça
ferait un joli titre de fable, ouais une belle fable, et pourquoi pas
un conte pendant qu’on baigne dans la balourdise monumentale, le
papillon se transforme en prince assassiné et la Bentley
redevient citrouille, ou boîte de pilchards…
Inconnu
ou pas, il doit bien y avoir un gus quelque part qui se marre comme
un fondu de voir toute cette flicaille se gratter le cuir chevelu et
expectatif !
Tu
vas voir que tous ces couillons vont se retrouver au cimetière
à jouer à cache-cache derrière les tombeaux et
les chapelles baroques pour observer à la jumelle, même,
peut-être, qui assiste ? et vas-y que j’te flashe tout ce
petit monde de curieux pour essayer d’y lire ensuite une suspicion
dans le regard, en coin le regard évidemment et fuyant, c’est
ça fuyant … Le criminel reviendra-t-il sur les lieux du
crime ? telle est la question ! Sauf que jusqu’à présent,
Monsieur, si je peux me permettre, vous n’avez aucune preuve que le
crime a été commis sous ce pont.
L’inconnu
du pont soit mais le crime, hum, ah ! ça vous la coupe ça
!
19
(par DEB) :
Tu
oublies une chose, c’est que moi JE SAIS pourquoi il est inconnu le
cadavre… TU t’imagines que j’ai lancé ça comme
ça… Le cadavre est INCONNU, incognito…
Il
y a quelqu’un, oui, qui regarde, tout ça de loin, et c’est
moi…
20
(par caféine) :
Farce
post
mortem,
l’inconnu lancé mort sous un pont personne ne le réclame,
tout le monde s’en fou, tourne autour les petites histoires de
vivant. On s’intéresse à lui? Pas vraiment. Parce
qu’un mort qui ne manque à personne c’est qu’il n’a
jamais vraiment existé, même qu’il était
tellement anonyme avant d’être dessoudé qu’enfin
voilà que l’on parle de bière, en canette ,finir en
canette quand on a un tatouage en forme de papillon !
21
(par petite mauve) :
Moi
le mort je vous dis que personne ne me découvrira. Parce qu’en
fait je n’existe pas. Je ne suis qu’une illusion, un homme
virtuel, né de l’imagination d’un romancier célèbre
en mal de gloire… Qui s’ennuyait chez lui et ne savait plus quoi
inventer. Alors il m’a créé. Je suis sa création,
sa créature comme Frankenstein avait la sienne. Je suis votre
reflet, le mal qui est en vous. Votre ombre. L’indicible part noire
de votre âme. Je suis votre monstre secret, celui qui est tapi
en vous. Je n’ai ni ADN, ni empreintes digitales. Je suis l’homme
digital !!!! Certes vous m’avez palpé, senti même et
vous avez trouvé un papillon tatoué sur mon épaule
gauche mais tout cela est vain, faux, juste une incarnation
illusoire… je suis, j’étais comme ses aliments qui n sont
qu’amalgames ersatzs de vrais, et pour brouiller les pistes et
confondre l’ennemi j’ai ajouté cet indice du papillon.
Dont je ne suis, au fond, que la chrysalide. Je me venge d’un
homme, d’une femme, de vous tous bandes d’abrutis qui ne jurez
que par le réel !!! Réveillez vous et regardez vous
dans la glace ! Que voyez vous sinon votre reflet. Vous n’existez
pas, le savez vous ? Vous n’existez pas, pas plus que moi !!!!!!!
Salut.
22
(par petite mauve) :
Homme
digital ou bionique, homme de chair ou poussière… voilà
ce que je suis. Je suis l’esprit, la matière, la
désincarnation. Je suis une illusion. Car tout est illusion.
Tout est vrai, tout est faux. Ce qui compte c’est le rêve.
C’est ce qu’on met dans les choses dans les êtres. C’est
ce qu’on imagine, ce qu’on ressent. Ça vous souffle hein ?
Ça vous en bouche un coin !? Moi aussi vous savez j’étais
comme vous et puis le temps, la vie m’ont amené à
voir les choses autrement. Parce que j’ai ouvert le yeux, j’ai
ouvert mon cœur, je suis allé au delà de apparences,
j’ai traversé le miroir. J’ai largué mes amarres,
lâché mon lest. je me suis abandonné… Tout est
vrai tout est faux.
23
(par Deb ) :
Cette
foutue vérité, mais bien sûr que je la leur
dirai. Je raconterai tout. Je vois bien qu’ils pataugent. Un
cadavre sans identité, quelle idée ! Mais il en a eu
une au début. Les empreintes, les empreintes bien sûr.
ils s’étaient marré, vraiment marré.
L’assistant était entré dans le bureau avec un air
rigolard : Votre
mort, hé, les mecs, c’est une femme !
Une
Lyonnaise. De vingt deux ans.
Voilà
ce qu’ils avaient trouvé pour les empreintes. Ils se sont
encore marré. La police scientifique en a pris pour son grade
: même pas foutu de relever des empreintes correctement les
experts.
Des blaireaux oui !
Et
puis, je ne sais plus qui a demandé une nouvelle analyse.
Cette fois c’était les empreintes d’un moine boudhiste…
Ils
riaient moins. Ils ont fini par carrément disjoncter à
la troisième analyse : un jour de foot africain foudroyé
sur un terrain… On avait vu les images à la télé…
Culsec
qui avait flairé le coup avait fait la même chose de son
côté : analyse sur analyse. Le sang, à chaque
fois, était celui de quelqu’un d’autre…
24
(par Solange) :
De
loin, sans rien dire, il observe tel un serpent naja, cobra, ou ne ne
sais quoi, vipère à cornes ou arc-en-ciel, prêt à
bondir sur sa victime. Il est là, dans l’ombre à nous
observer, nous jauger, ricaner peut-être même de toutes
nos agitations plumesques tout comme l’assassin de l’inconnu, de
lui seul connu.
Ça
n’est même plus un polard (avec ou sans d le polard ? je n’en
sais rien, je n’en lis pas suffisamment et là j’ai soudain
la révélation que les dés sont pipés),
mais là n’est pas la question. La remarque, ma révélation
en ce samedi matin ensoleillé, c’est que l’alibi du
soi-disant crime de l’inconnu du bord de Garonne, devient une
sombre machination qui fait de nous pauvres scribouillards de seconde
zone, qui nous triturons les méninges autant que cette pauvre
flicaille qui s’évertue à trouver un coupable pour
faire avancer l’histoire, nous donc, pauvres blogueurs d’une
plate-forme tournante, distribuant notre prose entre Catalogne et
Nord-ESt du pays, nous voici devant l’idée que nous ne
sommes que de simples marionnettes en train de nous agiter en tous
sens, nous donner en spectacle, pour qui ? pour quoi ?
Pour
les beaux yeux de quelqu’un qui se les cache, ses yeux, derrière
des lunettes noires… serpent à lunettes donc, caméléon
aux yeux sans cesse en transe, capable de voir devant, derrière
et par tous les côtés, et capable d’un coup de langue
bien placé de vous avaler tous les papillons du monde.
L’auteur
de cette infernale machination, ne serait-il pas tout simplement
l’unique coupable, l’assassin ? La question est posée
chers amis, je me la pose. Posez-vous là en fins limiers que
l’on vous demande d’être pour résoudre l’énigme
dont seul l’assassin se connaît lui même, dont seul
l’instigateur se connaît lui-même.
De
là, à ce qu’on veuille nous faire porter à
tous le chapeau…
Maintenant
que nous sommes embarqués dans cette galère, nous voici
en même temps comme un peu complices. Pour nous disculper, une
seule solution, l’amener à se dévoiler, à se
découvrir.
Bon,
allez, je divague là, je délire. C’est mon côté
parano. Et comme dirait notre grand manipulateur devant l’éternel
: et vous ? ça va ?
25
(par DEB) :
“Jupiter
rend fous ceux qu’il veut perdre.”
26
(par petite mauve)
On
nous manipule peut être même sûr MAIS nous
manipulons aussi. en attendant le mort reste mort et l’énigme
entière !
27
(par Jean Claude Palustrade)
Il
était dans les 23 heures quand Pinault jeta sa bouteille de
whisky à la poubelle. Seul et ivre, il se dirigea vers son bar
favoris, un des plus vieux bar rock de bordeaux. Le plus vieux
d’après son propriétaire :
le Fiacre.
Il aimait ce genre d’ambiance sombre et glauque, ces quelques
piliers de bars qui meublent dans le décors. Les jeunes paumés
et les petits bourges qui participent avec intérêts aux
discussions philosophiques de comptoir ou vous ignorent. Ici le sens
absurde de la vie devenait évident. On ne fait que passer, et
si certains fous osent croire que nous sommes à l’image d’un
quelconque dieu, cela signifiait que ce dernier était soit
cruel soit alcoolique. Si l’existence n’a aucun sens, ce meurtre
non plus. Et pourtant il fallait bien l’élucider. Un
macchabée raide mort retrouvé sous un pont, dans la
campagne boueuse de cette ville de nobles consanguins. Une Bentley
grise de luxe, pas un poil de cul. Un macchabée inconnus aux
empruntes non répertoriées. Et ce fameux tatouage que
l’assistant de Culsec avait confié. Un putain de papillon.
C’est sûrement une sale blague. Un papillon se nourrissant du
sang des cadavres, y a de quoi écrire un mauvais scénario
pour un film débile genre Navarro. « Qu’est ce que tu
racontes mec? » Merde ! Il ne s’en était pas rendu
compte mais il raconté sa vie à des gamins tektonik qui
sentait l’alcool et le parfum. Le regard moqueur. « C’est
le scénario de mon nouveau roman, je vais faire un putain de
carton avec ça les gars ! Mais je n’arrive pas à
trouver la fin de mon histoire. - il sera sûrement lu dans le
monde entier par cinq personnes ! »
Et
ils éclatent de rire.
«
Fous-toi de ma gueule, petit con va ! - il n’est jamais bon de
parler d’un roman que l’on est entrain d’écrire avant de
l’avoir terminé. On ne les fini jamais ! »
Un
homme aux cheveux frisés plus que grisonnants et un chapeau
sur la tête étaient assis à coté de
l’inspecteur. Il buvait un verre de whisky, une double dose, sec !
« Patron la même chose que monsieur…
-
Appelez moi DEB !
- Drôle
de nom… en même je dis ça, je dis rien ! Un verre
comme monsieur DEB pour moi !
- -
Je sais pas si t’en a besoin !
- -
Je ne sais pas si le bar à le droit de servir après
deux heures et à des mineurs.
- -
Et un double sec !
- -
T’es écrivain mon cher DEB ?
- -
On peut dire ça. Mais vous, on dirait que vous souffrez de la
page blanche.
- -
Eh oui mon vieux, je participe à un cadavre
exquis,
affublé d’un joli papillon. Tout le monde raconte la
sienne, moi j’essais de rester cohérent. C’est emmerdant.
- -
Je faisais ça quand j’étais plus jeune. C’est un
très bon exercice pour faire travailler l’imagination.
- -
Ouais, l’imagination… je crois que je suis en panne
d’inspiration là. Je suis prisonnier de l’histoire.
Tellement prisonnier que je ne sais plus quoi inventer.
- -
D’après ce que j’ai compris vous avez un cadavre dans un
bentley. Ce cadavre n’a pas d’emprunte répertoriées,
ou de multiples, ce qui revient au même. De plus il possède
un papillon sur le dos. Fait plus étonnant, c’est
l’assistant du médecin légiste qui vient signaler à
l’inspecteur de votre histoire cette information. Comme si le
médecin légiste voulait le cacher pour on ne sait
quelle raison. Vous devriez travailler dessus. Trouvez la péripétie
qui impliquera le médecin.
- -
Tu sais quoi ? Je pense que t’as raison, mais j’y avais déjà
pensé à tout ça. Mon vieux Ricœur. »
Les
deux hommes trinquèrent et discutèrent de tout autres
choses. Enfin, Pinault pris de nausée se leva. « Bon et
bien, ce fut un plaisir, je vais faire un tour et rentrer chez moi !
T’es pas assez bonne pour que je te propose un dernier verre chez
moi, ne te vexe pas !
- Pas
de problème, à bientôt et bonne chance !
- -
Merci à toi aussi, on en a tous besoin ! »
Pinault
se dirigea vers Saint Pierre pour rendre visite à un dealer
que l’on surnommait la grande faucheuse. En plus d’apporter la
mort, la grande faucheuse conduisait très mal. Il le trouva
assis au milieu d’amis punks, sirotant de la bière et
parlant fort. Des chiens couraient partout et auraient sûrement
emmerdé les gens s’il n’avait pas été aussi
tard. Le dealer reconnu son client et vient à lui.
- Alors
inspecteur, on vient faire des heurs supp’ ?
- -
Non je débauche et le whisky avait mauvais goût ce
soir.
- -
J’ai tout ce qu’il vous faut pour passer une bonne soirée
! amphet, coke, rabla, taz, et même de la kétamine.
- -
Affriolant ! je prendrai 2 grammes de ce bon vieille Hector.
- -
Ça roule commissaire.
- -
Dis moi, il t’est arrivé quoi à ton œil, si ce
n’est pas indiscret ? ta copine t’as largué parce qu’elle
en avait marre que tu portes ses jupes ? (ce dealer mettait souvent
des kilts).
- -
Non ces des enculés de niakoués. Ils sont en train de
prendre le contrôle des quartiers et les condés font
rien d’ailleurs. Tu vois l’autre soir, j’étais posé,
tranquille, comme d’habitude. Et t’as un mec, il se ramène
et il me demande de lui donner tout ce que j’ai. Je lui fais, toi
mon gars tu vas te faire foutre ! Et là y a un gros chinois
chauve, genre comme dans les films qui débarque, par derrière
et il me tape dans les jambes. Je tombe tu vois ? et là le
mec qui me demandait le thune il me shoot dans l’œil, comme ça
! et il me dit qu’il veut plus me voir traîner dans le coin.
Et putain le gros, trop ridicule, il avait un espèce de
tatouage derrière le crâne, un papillon ou une chauve
souris, je sais pas trop quoi, mais trop laid. Ces mecs je vais les
choper un de ces quatre.
- Quand un papillon bat des ailes ici, un ouragan dévaste la chine. - -
Tu n’as pas un peu bu toi ?
- -
Et toi jeune homme ?
- -
Woulala on est tous défoncé mon vieux ! à cette
heure si y a que des mecs comme toi et moi qui trainent dans le coin
! bref je les planterai sûrement la prochaine fois ! tu veux
toujours deux pochons de rabla ?
- -
Ouais je t’attends au coin habituel. »
Y a pas à dire, Dieu est sûrement un vieux vicelard alcoolique et il se marre en nous regardant.
28
(par amb55) :
Pendant
que Pinault plein de whisky jouait au simple flic parmi les junkies
de Saint-Pierre, Montsec-Painsec qui avait fini sa bière
depuis belle lurette et s’était enfin débarrassé
de la bestiole jaune citron qui lui tournait autour, s’en était
retourné vers le vestiaire de son service pour quitter sa
blouse blanche de médecin des morts et enfiler son cuir de
motard.
Car
Discek-Culsec n’avait rien de trouvé mieux pour retrouver
ses esprits après ses savants découpages que
d’enfourcher sa précieuse Honda TRX bleue qu’il surnommait
son “Ange bleu” afin de regagner son domicile où
l’attendait sagement enfermé dans sa cage métallique
un des NAC pour lesquels il avait craqué un soir en croisant
dans la rue une pauvre gosse paumée qui promenait la bestiole
sur son épaule et tendait la main aux passants pour ramasser
quatre sous afin de nourrir celui qu’elle disait se nommer
“papillon”. Ce papillon-là était un ces animaux qui
pendant des siècles ont hanté les campagnes et furent
persécutés par l’homme, une de ces bestioles mal
considérés à la dent aiguisée aimant
surtout traîner et fureter la nuit. Discek attendri par la
minette et sa bestiole avait proposé à la première
d’adopter la seconde contre les quelques subsides en espèces
proposées.
Discek
possédait donc dans une cage un furet nommé papillon.
Un furet qui aimait, lorsque le toubib rentrait de son boulot se
percher sur son épaule et lui léchouiller à n’en
plus finir le derrière des oreilles.
29
(de petite mauve) :
P’têtre
bien que DEB est le mort ? le flic ? le docteur ? la divine Ludivine,
le voyou… et même le papillon ! Dr Jekyll et Mr hyde ! DEB
est tout, tout à la fois. Créateur, instigateur,
auteur, acteur, réalisateur, producteur, lecteur… tout à
la fois. Il est l’œil, l’œil du cyclope, l’œil du cyclone,
l’œil de la caméra. Le voyeur ! Il tire les ficelles. Nous
sommes ses marionnettes. Deus
maquina.
Pantins de pacotille, Pinocchios de seconde zone, nous essayons de
résister, d’imaginer alors qu’il nous manipule ! DEB est
tout à la fois, démon divin et dieu démoniaque.
Il est blanc et noir, yin et yang, jour et nuit… Nous sommes aussi
ses créatures, infernales. DEB est Dieu et Lucifer. Non
seulement le mort n’existe pas mais ce roman n’existe pas, folie
pure, illusion, évaporation…
Jupiter
? moi aussi née en mars.
30
(par DEB) :
C’est
le moment, je crois, que je leur dise que le mort, je l’ai
rencontré, pour cause : je lui tenais la main au moment où
il a expiré… En somme, il a expiré dans mes bras. Et
je me demande pourquoi il m’a dit ça en anglais : good
luck.
31
(par petite mauve) :
Et
voilà, on y était… enfin ! Je leur faisais péter
les plombs. Empreintes nada. Analyses nada. Forcément, puisque
je n’existe pas. Puisque d’identité je n’en ai pas. Je
suis toutes les créatures à la fois. Je suis le mort
sans identité puisque toutes il les a. Je suis le mort Mormon.
Le mort camé-Léon. Mort pour la patrie, mort pour la
France, sauvé des eaux comme Boudu. Le mort fou, qui rend fou.
Un mort qui n’a jamais existé, au propre comme au figuré.
Que dans leur imagination, votre imagination. Je suis le mort qui
phagocyte les autres morts, qui leur vole leurs empreintes, leur
sang, leur ADN, mort vampire. Mort transformiste. Et si j’étais
Culsec-diseck ? Ou Pilchard ? Si c’étaient eux les morts et
moi le vivant ? S’ils étaient seulement leur ombre !? Je
suis celui qui suit, qui vous suit, qui vous absorbe et se transforme
au gré des rencontres. J’ai renversé l’ordre du
monde. Les ténèbres ne sont pas de mon côté.
La mort est clarté. Vous êtes de l’autre côté.
Et pas près de trouver. Moi le mort je me marre, je jubile, je
me réjouis de votre ignorance, de votre manque de
perspicacité. Je vous défie et malgré votre
science vous ignorez qui je suis. Et je me joue de vous, de vos
jouets de laboratoire. Allez un petit effort et vous allez comprendre
! Sinon tant pis, le mystère demeurera, un de plus ! Mais… peut être… qu’il se renouvellera. En attendant basta ! Et ne croyez pas que je vais vous aider. Nada ! La vie no vale nada !!!!
Oui,
c’est vrai, il m’a tenu dans ses bras, il m’a accompagné.
Je l’avoue sans lui j’aurais pas pu mourir, pas le courage. Mais
il a été là, un vrai mec, un dur à cuire.
Car j’étais pas beau à voir avec mes trous.
Sanguinolent. Trois p’tits trous et puis s’en va… Moi le mort
de ce roman que personne ne (re)connaît, que personne n’a
re-trouvé, j’ai pu mourir en paix. Quand il est arrivé
le mec avec ses cheveux de barbe à papa poivre & sel, ses
lunettes noires, j’ai eu peur enfin un peu. J’ai cru que c’était
la grande faucheuse qui venait me chercher et je la voulais pas. Mais
quand il m’a parlé je me suis calmé. Sa voix profonde
et douce m’a rassuré. Je l’ai écouté, je
l’ai apprécié, même que si j’avais pu rester
de ce monde, peut être que je l’aurais aimé. Oui !
C’est pas tous les jours qu’on en croise des comme ça. Des
doux sous le cuir, des cœurs tendres sous le harnais blanchi. Moi
j’en ai pas eu dans ma vie. Plutôt des méchants j’ai
croisé et des rapaces et des mauvaises qui m’ont carrément
cassé. Tué. J’ai pas eu la veine de naître dans
une famille enfin disons que je l’ai pas connue ma famille. Elle
m’a laissé tomber, alors… de foyers en trottoirs j’ai
appris al vie, dure la vie dure. J’ai cotoyé des marlous,
des voyous, des ordures. J’ai trimé, j’ai enduré et
aujourd’hui je paie mes fréquentations, mes mauvais choix.
Je me suis fait rouler. C’est pas moi qu’on devait buter, c’est
l’autre qu’avait un papillon tatoué sur l’épaule
droite, mon jumeau. Mais voilà j’ai jamais eu de pot et la
vie m’a jamais fait de cadeau. Je paie pour un autre, mon frère
ce salaud qui m’a fait la peau. C’est pour ça que j’en
ai plus… bon d’accord c’est un mauvais jeu de mots et c’est
pas le moment. En attendant mort je suis, mort je reste. Et lui là
avec ses lunettes noires, ses cheveux mousseux, ses mots doux il me
ferait presque craquer, presque pleurer. Tellement il est gentil.
Mais je suis mort, c’est fini. J’ai rendu le dernier soupir, sous
le pont de la Garonne, pas celui du même nom, non. L’autre
c’était avec ma Juliette ! Le bon temps… Le temps d’avant.
“good luck…” baby
32
(par Caféine) :
Je
sais comment faire parler les morts : Je propose une séance de
whitespiritisme, c’est le veau doux des blancs. Chacun amène
ses macchabées , nous avons tous un cadavre dans nos placards.
A défaut la vidange de whisky. Nous allons commencer par une
décoction de petite mauve dans du vinaigre pour en enduire le
grand Deb qui dansera à poil au bord de l’eau sur le capot
de la Bentley. Notre Iguane amène sa gourde d’eau de
Lourdes. Allez les groupies mettez vous en transe au son des vibros
que Georges tient dans ses mains.Culsec est invité aussi
33
(par amb55) :
Le
Pilchard en morceaux, quelque peu réduit à l’état
de puzzle avait encore bien toute sa tête. Le mort-vivant,
mor-mont à ses heures et mort-agne à d’autres prenait
à ce moment toute sa dimension de cadavre exquis sans ses
skis. De passe-montagne il allait se faire passe-muraille. Le Discek
qui avait si bien joué du scalpel dans les profondeurs de ses
entrailles il allait lui montrer de quel bois il se chauffait. Il
décida de quitter cet endroit où il se les pelait pour
aller prendre l’air. Il ramassa un de ses orteils qui traînait
par ci, rajusta le haut de son tronc en l’insérant dans son
cou quelque peu distendu remboita le col de son fémur disloqué
dans sa cavité originelle et sauta prestement de la table
d’opération.
Il
sortit de la froide morgue en empruntant la porte comme monsieur tout
le monde, et se glissa dans le couloir désert de ce sous-sol
d’hôpital. Pour accéder au rez-de-chaussé il
emprunta l’ascenseur. Il éprouva une étrange
sensation quand celui-ci s’éleva en sentant d’un coup
frémir ses entrailles sans doute mal conglutinées à
l’intérieur de son corps qui n’avait de corps qu’une
enveloppe molle et brinquebalante. Arrivé au rez-de-chaussée
il se dirigea vers le hall d’entrée. Il croisa plusieurs
infirmières et s’amusa à s’immiscer prestement sous
leur blouse blanche, seule barrière textile qui séparait
ces corps de l’air ambiant. A cet instant notre Pilchard, un peu
maquereau sur les bords sentit à nouveau un étrange
frisson le parcourir. Il lui semblait que ses entrailles étaient
prises soudainement de convulsions. Lui qui venait de souffler le
froid dans l’intimité de ces dames en blanc, sentit une
chaleur le parcourir qu’il n’arrivait pas à définir.
Les infirmières, quant à elles, surprises par ce
courant d’air frais qui semblait venir de nulle part, se
retournaient et cherchaient le coupable qu’elles ne voyaient point.
Elles rajustaient le bas de leur blouse, et l’air de rien
souriaient de plaisir et soupiraient d’aise en bénissant ce
souffle canaille qui n’était point pour leur déplaire.
34
(par petite mauve) :
wwwwwouahhhhhh
le DEB
m’a tuer ! et
l’autre avec ses toys il fait carrément bander les morts !
Ah les salles blanches et les blouses et les petites culottes en soie
ou en dentelle ! Ah que j’étais bien quand j’étais
vivant et que tout chaud je me glissais dans le lit de la divine
Ludivine mais voilà mon frère, oui … le voyou, mais
oui, mon frère, mon jumeau avec son papillon tatoué sur
son épaule droite eh bien, un jour il est rentré plus
tôt que prévu et il m’a trouvé au pieu avec sa
gonzesse. Et on n’était pas entrain de s’enfiler une
décoction de petite mauve avec du vinaigre ni même du
whisky non !!! le frère il a pas apprécié du
tout mais pas du tout ! J’ai du faire fissa et la divine Ludivine
elle s’est pris une râclée !!! Même qu’elle
avait des tarces six mois après !!!! Etjamais il m’a
pardonné le frère, jamais ! et il s’est vengé,
il m’a tuer ! C’est DEB mon frère… c’est lui qui a le
papillon tatoué sur l’épaule droite. Vous me croyez
pas ? Vous doutez de la parole d’un mort ! Eh bien chche, demandez
lui et même mieux, arrachez lui sa chemise et vérifiez,
de visu. en vérité je vous le dis c’est lui !
35
(par Solange) :
les
tarses et les métatarses … pour résumer ta Ludivine
prenait son pied !
36
(par petite mauve) :
Son
pied, son trip, son mec. Dyslexique en plus, et du clavier. Elle se
la jouait vamp mais ça lui allait pas si bien que ça vu
qu’elle avait reçu une torgnole le maquillage était
gratiné. En attendant son mec s’était barré et
ne revenait pas. Elle craignait le pire pour l’autre, son jumeau !
C’est que sa Bentley d’amour, son voyou il était pas
tendre. Du genre maquereau mais sec lui, sans vin blanc pour
accommoder. Au fond elle préférait son frère,
plus doux, plus gentil mais moins beau, moins … voyou ! Elle avait
tout perdu car le voyou s’était tiré, forcément,
il s’était mis au sec et son jumeau s’était fait
buter. Par qui ? Le voyou ? Le DEB ? Ou bien le DEB c’était
aussi le voyou. Se faisait tard et la divine Ludivine voyait ses
pensées s’embrumer… Elle avait sommeil et une bonne nuit
lui éclaircirait le cerveau, enfin ce qu’elle avait comme
cerveau. Mais le mort, qu’en pensait-il ?
La
nuit porte conseil c’est bien connu et deux doigts de caféine
après, la divine Ludivine retrouvait ses esprits à
défaut de son julot. Bon sang mais c’est bien sûr
comme dirait l’autre ! Mais le mort c’est vous, c’est moi !
C’est chacun de nous c’est tous à la fois ! Ah ce DEB qui
se la joue voyou ou médecin légiste ou encore
commissaire de police, il nous a bien eus ! Avec son pseudo roman à
la mord moi le nœud !!!! Car en fait y a ni victime ni bourreau ni
sauveur, qu’un jeu de chaises musicales, de quilles ! Tour à
tour nous sommes les personnages et on nage, pas dans la Garonne non,
dans le brouillard ou la choucroute !!! Mourir, mais de mort lente…
Mourir la belle affaire… mais vieillir !! Vrai qu’avec le DEB on
fait pas de vieux os. En un tour de main il vous ratatine et vous
envoie au rayon des accessoires. Non caféine pas les sextoys,
je sais t’es obsédée… Moi je vous le dis, le mort
c’est lui, c’est nous, c’est… vous. Jeu de rôle, jeu
pas drôle, c’est vrai… mais après tout on l’a
voulu, on s’y est fichu dans ces beaux draps, non ? Alors de quoi
se plaint on ? Ni victime, ni bourreau, ni sauveur ! Alleluiah c’est
la grand messe, normal c’est dimanche matin. Moi le mort, donc moi,
donc vous… je vous dis que cette histoire n’est pas finie, même
qu’elle ne fait que commencer.
37
(par amb55) :
bon
alors il faudra tout remettre à plat, parce que moi je
commence à y perdre mon latin. Surtout depuis que je sais que
le mort a un jumeau. Pour peu qu’ils soient nés sous le
signe des gémeaux, c’est plus sous le pont de la Garonne
qu’il va falloir chercher mais sous le transbordeur à
Rochefort. D’ailleurs, si ma mémoire est bonne, c’est un
lieu qu’affectionne particulièrement celui qui en prenant
tous les rôles se joue pas mal de nous.
Alors
DEB, si c’est pas trop de demander, tu peux nous faire un résumé
de la situation là, histoire de pouvoir, même si on ne
s’appelle pas Ludivine repartir d’un bon pied ?
38
(par petite mauve) :
Et
voilà une fois de plus j’ai fichu le bazar ! Et au fond, je
m’en réjouis… Moi le mort je vous dis que vous n’aviez
qu’à pas me tuer, na ! Et toi le DEB tu fais le fort mais je
le suis plus que toi car moi, je sais ! Et je tire les ficelles…
Comme là haut celui qui suit. Vous suivez plus ? Allez un
petit effort vous y êtes presque… laissez vous aller, délirez
un bon coup et après Trouvez ! “Qui cherche trouve” ouaih
mais aussi l’autre, le Picasso il a dit “on ne cherche pas, on
trouve”. Alors allez savoir !? Tout est vrai, tout est faux. Mais,
en vérité je vous le dis, j’en ai un peu marre moi
d’être mort sans identité. Je pensais me rendre
intéressant mais on dirait que je ne vous intéresse pas
! Merde alors ! Suis mort moi, suis mort pour rien ??? SOS
DEB !? SOS ! Moi
aussi je vais péter un plomb.
39
( par Brigitte Giraud) :
«
Je ne m’embrouille pas la tête, non,non ! » soutenait
Pinault à Cul Sec. ” On a l’impression que c’est confus,
à cause de ce foutu cauchemar qui m’a fait délirer.
Mais on tient un coupable, un vieux fou qui cavalcade dans les bois.
Un collectionneur, le type. Dans cette histoire, y’a qu’une chose
de sûre, c’est le papillon.” Ce que Pinault ne parvenait
pas à dire, c’était que son boulot lui pesait de plus
en plus sur les épaules. Il ne pouvait pas s’empêcher
de penser au livre de Nelson Algren, “L’homme au bras d’or”,
l’histoire de ce junkie qui voulait rompre avec la folie du monde
et sa médiocrité, rêvait de grandeur, de lumière,
de beauté, de cathédrales pour ainsi dire élevées
sur les platitudes humaines. Pinault tenait à ce papillon
dérisoire comme à l’ultime espoir de rédemption
d’une humanité en ruines. Etre cela, un homme rêvant
qu’il est un papillon ou un papillon rêvant qu’il est un
homme rêvant qu’il est un papillon qui rêve. De toute
façon, dans son trouble extrême, Pinault exécrait
son rôle, son petit pouvoir mesquin de flic de banlieue et tous
ceux qui le courtisaient. Pitoyables, ils étaient ! Un
papillon, pour lui, ça avait de la gueule !
-
Alors ce coupable ? le questionnait Cul Sec.
-
J’te l’ai dit, un collectionneur. Forcément un
obessionnel. Quelqu’un qui veut sauver les âmes. Il dit ça,
sauver ce qui est en danger de mort.” Cul Sec avait rétorqué
qu’on l’était tous, en danger de mort. Oui probablement
avait seulement répondu Pinault. Et, allez savoir, il avait eu
envie de pleurer comme un gosse pris en faute. Il pensait à
Marie qui dessinait sur la toile, abandonnée à sa
compulsion qui la tuerait un jour et qu’il ne sauverait pas.
L’alcool gagnerait la partie. ” Alors, continuait Cul Sec, tout
ça c’est du roman ? Le complot chinois j’veux dire ?
-
Pourquoi mettre en doute la littérature, docteur ? Je suis en
empathie avec les mots.” Là-dessus, il détourna la
conversation et parla du temps dont il se foutait prodigieusement.
Cul Sec n’avait plus qu’à enfourcher son “ange bleu”,
l’imbécile ! Et à s’tirer. A disparaître avec
son furet de malheur et ses songes à deux balles.
40
(par DEB) :
Un
ange, un ange tatoué eut été quelque peu
exagéré. Charles-Antoine Bastien ou Claude Pilchard (ou
comme vous voudrez - cela n’a vraiment aucune importance) avait été
tenté d’enfreindre la loi fondamentale. Il s’en était
approché. Cela au moins, ce tatouage se verrait. Cela
resterait. Il avait décidé de laisser une trace,
éphèmere mais trace quand même. Et quand l’autre
lui avait pris la main, quand il lui avait dit good luck c’est à
ce papillon qu’il pensait. Ce papillon qui allait prendre son
envol, d’âme en âme, de petite éternité
en petite éternité…
41
(par amb55) :
“Ce
papillon qui allait prendre son envol, d’âme en âme, de
petite éternité en petite éternité … ”
et pourquoi pas, de petite mort en petite mort ….
42
(par Brigitte Giraud) :
“Je
meurs, il me montre le chemin, il est mon guide, et pourtant… j’ai
peur. Comment échapper à la peur ? De la vie, de ma
mort, MA mort. Mon Dieu ! Qui donc m’écoute, qui m’entend,
qui… ? Je meurs. C’est tout.”
Le
silence était impossible.
43
(par petite mauve) :
Petite
mort ? petite mort ? Petite maure ? P’tet qu’ils pensent qu’à
jouir en Garonne ??? Allez chacun délire dans son coin coin
sans regarder le coin de l’autre et moi le mort je suis maure. Je
meurs pas, je suis mort ! Mais qui s’en soucie ! ? Qui ? L’éternité
? Bien sûr comme dirait l’autre… L’éternité
? Mon cul oui ! Pas d’autre vie que ce passage alors… moi le
mort, c’est fini. Pas de séance de rattrapage ! désolé,
pour vous y en aura pas non plus. Papillon du jour, papillon du soir…
espoir ? Le syndrome du papillon vous connaissez ? Né en
France et mort … en Guyane. Arrêtez de vous la péter
bande de nazes car la caféine qui dégaine l’insecticide
c’est la mort de tous ! Vous compris, armée de morpions et
de cafards. Vers douteux et vers tout court. Je suis mort et voilà
tout et qui suis je ? Personne ne s’en soucie Parce que les morts
n’intéressent personne. Au contraire on fait fuir vu qu’on
les renvoie qu’on VOUS renvoie à votre propre mort. Eh oui,
vous aussi vous allez mourir ! Et c’est la seule vérité
de la vie, la seule connue depuis le début. Alors vous pouvez
vous masturber la cervelle, éviter le Chose, éluder la
question, vous allez tous crever ! Autant se la jouer pouet poète,
why not ? C’est pas moi qui vous dirai le contraire vu que je le
suis poète. Et que j’aime que dis je ! j’adorrrrrrrre la
poésie mais, mais, de grâce, la poésie n’y
changera rien. Je suis mort et vous vous allez mourir. C’est ça
pleurez, lamentez-vous, n’empêche vous n’y pouvez rien.
fallait pas naître ! Telle est la Loi, personne n’est éternel
alors..; l’éternité je m’en tape comme de ma
première cuite. A propos où est le whisky ? Dans la
Bentley c’est vrai… mon cercueil de luxe, ma dernière
demeure… La Bentley oui, made in China et objet de luxure, la
Bentley coupée Baileys mmmmmm j’aime ces mélanges mon
ange. Un ange passe, un ange à part. Un ange qui dérange.
Mon ange à moi… envoles toi, porte mon âme au delà
des apparences, vers le prochain élu ou la prochaine. Que je
vive, que je me réincarne. Moi le mort sans illusion je
revivrai de chrysalide en chrysalide, de port en port… je vivrai !
A en crever, bande de nazes ! Car la vie et la mort sont liées
comme Eros et Thanatos. Je vivrai, je baiserai, je jouirai, je serai
pur désir, pur plaisir, pur sexe, pleine sensualité,
palpitante volupté ! Je transgresserai ainsi la Loi ! Je serai
vous, moi, le monde entier… Et mourir de plaisir…
44
(par Solange ) :
ô
que oui ! mourir de plaisir sous la blouse des infirmières.
Mais dans l’instant présent ce qui lui importait par-dessus
tout, et même par dessus les plaisirs pas démodés
pour deux sous, ce qui importait donc c’était d’aller
rendre visite à celui qui de trois coups de scalpel à
peau lui avait enlevé toute ressemblance avec son jumeau en
lui défonçant le portrait sous prétexte de
vouloir percer le mystère de sa soi-disant mort.
Le
puzzle reconstitué sortit donc de l’hôpital comme un
courant d’air et emprunta le premier bus qui s’arrêta
devant l’établissement. Le Culsec-Montsec-Curaçao
Triple-sec, il savait où le trouver.
Pendant
que lui, le maure Pilchard il se trouvait dans cet état second
comme un matheux en train de se faire opérer, il avait vu, non
pas ce que prétendent avoir touché du doigt tous les
matheux qui passent de vie à trépas, c’est à
dire un long tunnel au bout duquel une lumière intense semble
leur faire signe. Que non ! il avait vu passer entre les limbes de sa
pensée et les hémisphères de son cerveau un
petit papillon jaune qui avait tracé dans les sillons de sa
matière grise comme un itinéraire bis.
C’est
donc avec l’énergie et la motivation d’un bison futé
qu’il se dirigea sans interdit vers l’appartement du-dit Culsec.
45
(par petite mauve) :
L’appart
de Culsec ? Ça un appart ? Autant dire que je suis la Joconde
! Un baise en ville oui ! Un truc, glauque à en mourir mais
pas de plaisir, une ramassis de pièces sans âme, une
enfilade de couloirs inutiles et sombres, un lieu non lieu, un
endroit où je voudrais pas passer même une vie ! Et
pourtant dans ce lieu le Culsec s’envoyait en l’air non pas avec
la divine Ludivine ni avec la Marie coincée torturée
mais avec moult gonzesses dévissées qui lui faisaient
atteindre le 7è ciel plus vite que ses cadavres dessoudés.
Faut dire que le Culsec était atteint de priapisme et qu’il
avait quelque penchant nécrophile… Un comble pour un médecin
légiste. Et là le mort n’en revenait pas, non… il
ne revenait pas à la vie, il était tout simplement
esto-maqué. Culsec était un proxo nécrophile !?
Un malade. A gerber. L’appart enfin ledit appart recélait
des tas de pénis, de vulves, de seins, de lèvres, de
culs aguicheurs et pervers qui avaient vécus mais revivaient
par la magie dudit Culsec qui leur redonnait un second souffle. Mais
le mort n’en voulait pas, il n’en était pas ! Lui il
voulait retrouver le fil de son histoire et le papillon, l’objet du
délit, du délire, tatoué sur son épaule
gauche… Il voulait simplement être un mort, un mort simple,
un mort à qui on fout la paix ! inconnu certes mais zavaient
qu’à se creuser la cervelle pour savoir qui il était
! Car qui était-il ? mystère !!!!!!!!!!!
46
(par Solange) :
Pilchard
venait de pénétrer dans la piôle du Culsec en
passant directement du couloir qui puait à la fois la friture
et le renfermé à la cuisine du médecin, et là,
entre un morceau de pizza de la veille et une canette de bière
entamée, dans le fatras d’objets tout juste bons à
aiguiser l’appétit du médecin nécrophile, là,
entre un sein qu’on ne saurait voir et un pénis à la
recherche du temps perdu, là, il aperçut le furet.
47
(par Léo Scheer) :
“Alors
Devin, c’est une Rolls déguisée en Bentley ? Ou une
vraie Bentley sortant des usines de Rolls en Inde. Dépêchez-vous
je vois le proc dans la matinée. Vous perdez de votre
perspicacité, de votre flair, de votre sagacité tout en
finesse.
Pinault
entra dans le bureau de placement des officiers de police situé
deux étages plus bas juste au-dessus du sommier. S’adressant
mielleusement à la préposée du guichet, souvent
fermé, une belle peroxydée, volubile aux paupières
papillons, qui entre deux rangées cils vibrillonants , lui
teint à peu-près ce langage. Bonjour Monsieur Pinault,
que tu es joli, Je peux t’apporter quelque chose contre un dîner
en ville. Bien sur. Mais il faudra me changer Devin contre Prophète
Aruspice, c’est que je dois faire du chiffre pour ma retraite.
C’est qu’aujourd’hui on travaille comme à l’usine, on
est payé en bons de la semeuse ! Ha mais Pinault, Pour
Prophète c’est au moins huit dîners ? Et en plus il
est noir du sol au palfond. Ah Mathilde, malheureuse Mathilde, tu
n’as pas connu la PP et ses voitures pie. Même les ricains
nous enviaient nos quatre chevaux noire et blanche de la régie
avec les portes découpées. Et son fabuleux moteur
quatre cylindres en ligne de 883 cm3 pour 32 étalons de horse
power véritable, tant fringants qu’efficaces sur sol
mouillé.”
48
(par petite mauve) :
Le
furet du bois mesdames, papillon la nuit, furet le jour. Pour vous
servir… Quelle vie ! toujours se transformer, identité
jamais affirmée et en plus ce plouc de mort qui avait dévoilé
la chose… secret envolé ! Vivement qu’on le largue dans la
terre et la fosse commune ! Que moi furet-papillon je retrouve ma
liberté, mon anonymat. Et que j’aille d’épaule en
épaule porter la bonne parole ! Et le jumeau ce double plouc,
où avait il garé ses miches ? Encore un lessivé
du cerveau. Pendant ce temps le flic patine, la Bentley moisit, le
toubib bégaie et moi je suis là, entre attributs de
sexes indéterminés à me gratter le poil, les
ailes pour trouver à qui j’appartiens ! Et vous le savez
vous ? Bonne journée moi je vais dormir…
49
(par petite mauve) :
Alors
tout le monde dort ? Tant pis je me casse, Culsec n’est pas là,
le mort est mort, la Bentley se dore au soleil en bord de Garonne, le
jumeau est en cavale, la Marie est marrie, Le DEB s’est évaporé,
la Garonne gronde, la divine Ludivine s’est tue, et moi et moi et
moi ? En attendant le papillon du soir, je file chez Michou… Suis
sûr qu’il me prendrait dans son spectacle lui ! Et si
j’allais faire un tour dans les boîtes, non pas de pilchards
on y est trop serré quoique… ça peut avoir des
avantages parfois, non les boîtes en bord de Garonne, vous
savez, pas les carrelets non plus, les boîtes quoi ! Là
où on drague, là où on mate, là où
on fait des salmaleches et autres j’te prends j’te quitte, j’te
prête, j’te retourne, j’te redonne, j’t'échange
et patati et patata… trois p’tits tours et puis s’en va.
Chuttttttt j’entends du bruit.
50
(par petite mauve) :
Marysol
? Moi le mort je serai Marysol ? Mais je suis INCONNU, incognito il
l’a dit et répété le DEB et d’autres !!!
Culsec
avait encore trop siroté ou prenait ses désirs pour des
réalités ! Ou alors je sais pas ou plus qui je suis.
Possible à force avec toutes ces histoires, possible qu’on
m’ait tourneboulé la tête et le reste, alouette ! Non
mort je suis, ça c’est sûr. Après qui suis-je ?
Vaste question ! La même pour chacun de vous. Être ou ne
pas être, vaste question non ? Qui suis-je ? Où vais-je
et qu’est ce que je vais bouffer à midi ? les trois
questions existentielles d’après Desproges. Ah il nous
manque celui là, il aurait fait un bon flic lui, il nous
l’aurait retrouvé ce mort ou Colombo, L’inspecteur ! C’est
autre chose que ce godelureau de Pinault !!! Tout se perd en ce
monde… Confie l’intrigue à Vargas ou à Clark, non…
pas Pascale benêt !, et tu vas voir comment elles vont te la
torcher elles !! Vous, vous ramez sec, si je puis dire ! Remarque,
normal vu qu’on est en bord de Garonne.
Au
fait zavez pas songé à sonder les eaux ? Des fois qu’on
y trouverait un indice capital ! La solution (aqueuse) sourire !? Eh
va savoir. Moi je sais plus mais, par contre je radote ça je
sais, mais moi le mort suis mort et personne ne sait qui je suis.
Inconnu ! Les tests l’ont dit. Ou en tous cas mes identités
multiples reviennent au même. Et mon papillon il s’est envolé
où ? Chez le DEB te parie. Entre marlous…. manipulateurs
zélés !…
***
Quand
j’ai imaginé la divine Ludivine, enfuie chez un voyou, je la
voyais maquée au flic… et je me la retrouve en meuf de
Culsec ! remarque pourquoi pas ? Après tout, là où
on en est… et puis p’têt que c’est moi qu’avais rien
pigé ou mal lu !!! Et si c’était un coup des ch’tis
??? en tous cas moi je reste coi. Je ne sais où tout cela va
nous mener mais, on y va ! et droit !!! Ah vous croyez qu’on va
noyer le poisson ? Là je crois que vous faites erreur…
D’accord entre le pilchard, les morues, les harengs, les huîtres
ou carpes (muets comme), les moules, les requins, les baleines…
c’est plus un fleuve c’est l’arche de Noé !!! aquatique
et visqueuse. Papillon ? Furet qui furète, mal ? où
sont ils apssés eux aussi !? Moi je vas me carapater car
j’entends du bruit… l’orage gronde. Ô désespoir
!!!! A tout’ pour de nouvelles zaventures, sûr. j’sais pas
où on va mais on y va et droit ! ciao
51
(par electronlibre33) :
Mais
non, le DEB ne s’est pas évaporé, car moi, le mort je
l’ai aperçu. Oui ! Incognito, pas loin des bords de Garonne,
juste un peu plus en hauteur cette fois. Jamais loin l’assassin,
tout le monde le sait. Dans un de ces petits bourgs d’apparence
tranquille de l’Entre-Deux-Mers. En poste d’observation, tel un
chat sur son arbre favori. Croyant que nul ne découvrirait son
manège.
C’était
hier après-midi. Vous ne me croyez pas bien sûr, car je
suis le mort. Et qui a déjà cru un mort ? Personne ne
veut jamais nous écouter, nous, les morts. Vous avez tort.
Mais DEB, je vous assure que je l’ai vu. Bien planqué,
derrière ses lunettes noires. Il pensait pourvoir le retrouver
son papillon qui s’était échappé l’autre
soir. Envolé. Mais, je vous assure qu’il l’a cherché,
l’oeil aguerri, se cachant derrière une fausse somnolence
postprandiale. Au détour de quelques vieilles barriques
éventrées attendant leur salut, dans la foule anonyme
d’un vide-grenier du dimanche après-midi.
-
Z’avez pas quelques papillons jaunes avec vos grenouilles, dans la
boite, là? Je peux regarder ?
-
Ah vous cherchez un papillon jaune !
-
Oui, jaune, c’est ça, je les collectionne, répondit
simplement DEB.
-
Ah, c’est drôle,il y en avait un magnifique, jaune justement
qui s’est posé là tout à l’heure. Il est
resté un moment, sur ma petite voiture, oui oui celle-ci…lui
répondit la jeune fille, désignant une magnifique
réplique de Bentley, made
in China.
DEB
fut pris d’un spasme incontrôlable, digne d’une secousse
tellurique de degré 9 sur l’échelle de Richter. Sans
vraiment comprendre ce qui lui arrivait, il réussit néanmoins
à sortir quelques pièces de son légendaire jean
noir, les donna à la jeune fille et s’en fut, tel un zombie
contrôlé par une puissance externe.
Ah
Ah, je suis le mort, je t’ai vu. T’es foutu, DEB. On se reverra
très vite. Mais pas là où tu crois! Good
Luck!
52
(par petite mauve) :
Errances
and co, le DEB était donc à un vide grenier dimanche et
cherchait un papillon… hummm intéressant ça. Pas un
furet, un papillon, à la chasse aux papillons le DEB, remarque
avec une Bentley faut bien un nœud pap ! C’est plusse classe et
cohérent (tiens on y revient). Donc il cherche l’indice qui
tue, l’indice qui… a tué. Cronenberg serait il par là
encore ? La mouche… quelle mouche l’a piqué au DEB ? Le
mort l’a vu, le mort a cafté, le DEB est cuit, fait comme un
rat pas comme un furet mais… va pas s’envoler. Il faut le
coincer, lui tendre un piège, une souricière. Une cage
dorée où on le retrouvera en papillon métamorphosé,
juste son chapeau noir à côté qui signera son
identité… Alors le mort tu piges ? T’as envie de le pincer
? t’as envie de te le faire, lui qui t’as fait la peau ? Moi
aussi le mort j’en ai envie, moi aussi ! Arroser l’arroseur et
avec c’qui tombe en ce moment, pas de probleme !
52
(par Brigitte Giraud) :
“Je
collectionne les âmes en danger, Monsieur. C’est pour ça
que l’émotion se déchausse de ses apparences. Les
morts frissonnent. On croit qu’ils frissonnent parce qu’on leur
prête des états, des attentes, des douleurs. Ecoutez
comme il pleut ! Combien de temps vous souviendrez-vous de cette
pluie ? Je me souviens de “la douleur des morts, des pauvres morts”
couchés entre les pages d’un livre. L’incohérence
absolue qui éclate, comme une misère. la cruauté
suprême qui rend fou. Est-ce que je suis fou ? Les éclairs
et la foudre qui flamboient, dans ma tête. Je suis perdu pour
toujours n’est-ce pas ?
Je
me souviens de la réalité de ce dernier pas fait
ensemble. D’un cri. Non, pas d’un cri, d’un souffle, une
tendresse, vous savez. Une permanence inventée au creux de son
épaule. Un papillon qui tremble. Qui bouge. Notre secret plus
grand que tout. L’amour, comme une évidence. Ou… Comme un
état, une attente, une douleur. Un avant-goût de la
nuit, vous voyez.”
53
(par petite mauve) :
Être
dans sa collection, épinglé(e) au mur, dans le cadre,
formol et tutti quanti. Je donnerai tout pour ça ! J’y
brûlerai mes ailes. Oui. Papillonner, gamberger, aller jusqu’au
tréfonds des âmes, prendre l’apparence, l’identité
des autres. De l’Autre. Se fondre en lui, laisser infuser sa sève,
monter son sang, battre son pouls. Lui redonner la vie, le souffle !
Pincer la corde, faire vibrer l’archet comme un violon qui pleure …
et puis danser ! danser ! ne plus s’arrêter. Que la mort
quitte ces lieux, qu’elle jette ses voiles, qu’elle décampe
avec sa faux ! Que tous les morts se lèvent et fassent une
ronde, qu’ils chantent ! La vie est là, qui les attend, la
vie de nouveau, pour eux. Le miracle est possible, il suffit d’y
croire. Ne croyez vous pas ? Viens toi le mort de cette histoire, ta
première nouvelle heure est venue. N’ai pas peur, nous
t’attendons et maintenant tu vas pouvoir nous raconter… et vois !
le papillon est revenu ! Il est le talisman, l’invincible étoile,
le garde fou, le miracle ! Oyez braves gens, le mort est de retour
parmi nous et nous devons l’accueillir… L’orage s’éloigne,
la nuit se presse à notre porte, les ténèbres
apportent leurs secrets… écoutez, regardez, et n’oubliez
jamais !
***
Et
au fait juste une question avant de couper car des trombes d’eau
dévalent du ciel en colère… une furie furieuse, comme
si la Garonne déferlait des nuages. Vengeance du mort qu’on
délaisse ? Qui sait !
Oui
question à deux balles mais bon, je la pose. A t on trouvé
le point G ? G comme Garonne bien sûr… Ah ah elle est bonne
non ? Qui ?? la divine Ludivine ? Je m’égare, je m’égare…
Du
pont de la Garonne
mais oui, j’y suis, c’est Maryvonne qui s’est jetée du
pont, pas Marysol. Te dis rien ? creuses-toi les méninges un
peu toi le DEB et vous tous bande de vauriens ! Dassin te dit rien ?
l’assassin c’est Dassin ? Je joke caféine, t’énerves
pas… cool, reprends du whisky si tu veux. Moi je m’en vas
m’allonger en écoutant la musique, l’opéra ! du
ciel. C’est Callas ce soir ! chapeau bas… noir bien sûr…
54
(par electronlibre33) :
Le
G de Garonne, mais bien sur! ET voilà le filon non exploité.
Je vous dis moi, ce soir la Garonne va déborder. Avec ce qu’il
tombe ! Et elle livrera ses indices. Le Mort est en colère
face à cette bande d’imbélices qui se perdent dans
les délires de leur whisky. Incapables qu’ils sont de
revenir à une évidente à la portée du
flic de base. Je vous le rappelle, l’assasin n’a pas commis son
crime n’importe où. Et s’il a choisi le bord de Garonne,
ce n’est pas innocemment. Laissons donc ce fleuve boueux recracher
sa vérité sous les foudres du Mort qui veut se venger.
Culsec-Discek est déjà dans les bras de Morphée.
Pinault est reparti à Cognac, limogé par ses chefs.
Ouste! Et le Mort observe la scène en se tordant le ventre,
dans les bras de Saint-Pierre.
55
(par DEB) :
Je
vois bien qu’arrive le moment où il va falloir que je dise
les choses.
A
commencer par cet homme dans sa Bentley.
On
le sait, c’était sous ce pont. La portière de la
voiture était ouverte et il en sortait le Requiem
de Mozart, à fond la caisse, comme ils disent encore
maintenant. C’était la version que je préférais,
celle de Pierre Colombo.
Alors
je me suis approché et j’ai vu cet homme qui fumait. Il
ressemblait à Mort Schuman, et Mort Schuman ressemblait à
mon père. Alors j’ai pensé à mon père,
et je me suis approché encore davantage. Le Requiem,
la mort et Schuman, tout à coup ça faisait beaucoup.
C’était
une fin d’après-midi tranquille. La Garonne coulait,
imperturbable, comme elle en avait l’habitude. Elle charriait des
eaux lourdes, un peu rouges. J’ai demandé à l’homme
si je pouvais photographier sa Bentley.
-
Elle est fausse, mais faut le savoir, dit-il simplement.
Même
fausse elle était très belle cette voiture. J’ai pris
deux ou trois clichés et l’homme est descendu. Il portait de
grosses lunettes noires, un chapeau, la moustache et il avait la
démarche pesante de Mort Schuman.
L’homme
a avancé la main vers moi. Je l’ai serrée cette main
un peu lasse.
-
Il avait 63 ans quand il est mort n’est-ce pas ? Bientôt vous
aurez son âge et vous trouverez étrange d’avoir l’âge
de votre père à sa mort.
Je
n’étais souvent fait cette réflexion. J’en avais
encore pour quelques années, malgré tout, je savais que
si je me trouvais devant cette incongruité alors c’est que
je serais devenu vieux.
Il
m’a offert un cigare et a regardé vers les arbres, de
l’autre côté de la rive. Il a lâché ma
main. J’étais fatigué tout à coup. Très
fatigué. Il me semblait que toute la fatigue de l’homme
avait reflué en moi.
-
Je vais avoir besoin de vous, dit l’homme, avec, m’a t-il semblé,
une pointe d’accent américain.
56
(par kohnlili) :
S’il
y a quelqu’un qui domine la situation, c’est bien moi, le pont.
Qui surplombe les deux épaves, lamachine et l’humain.Tout le
monde me roule dessus, tant de tonnes jour et nuit. J’ai couvert de
mon grondement lourd le grésillement des peintures, le
chuintement des graisses, la mort interminable du dernier clodo dans
sa Bentley volée, entre fleuve et béton. Lorsque fut
consumé le tout dernier indice, un souffle de cendres noires
s’évanouit sous mon corps allongé.
Alors
la Garonne se mit à gonfler.
57
(par petite mauve) :
Quand
on s’appelle Mort forcément on est prédestiné.
On naît prédestiné aussi. Comme nous tous, mais
juste un peu plus.
Quelle
drôle d’idée de se prénommer Mort, quoique
remarque en english Mort c’est death
donc rien à voir… Death, death car, que de références
au ciné !!! N’empêche le DEB est dans la nostalgie, la
philosophie. Que venait faire sous ce pont de la Garonne cet
américain dans sa Bentley même fausse ? trafic de drogue
? de femmes ? d’alcool ? venait il mourir de sa main même ?
Et maquiller en crime sa fin ? A t il demandé au DEB de
l’aider, de l’achever, d’achever cette symphonie de Schuman qui
n’en finissait plus, qui se rayait sur le disque dur de sa vie ? Il
était las, fatigué…
Il
avait besoin du DEB pour aller ailleurs, loin, très loin… Il
avait besoin du DEB pour raconter son histoire, histoire de pas
crever idiot, de pas mourir vraiment… de laisser une trace, écrite.
Que l’écrivain lui donne le coup de grâce ! Qu’il
n’ait pas vécu en vain !!!! En plus le mec avait des airs de
son propre père ! troublant. Le DEB avait devant lui non
seulement son géniteur ou du moins un presque clone mais il
avait aussi son double, celui qu’il serait ou qu’il pourrait être
dans quelques années, si peu d’années ! Toublant oui.
Tout cela était troublant… Et c’est Mozart qu’on
assassine, en plus ! Mozart Schuman Mort Bentley Whisky… ça
donnait le tournis, comme le mascaret de la Garonne. La vague
s’approchait. On y était, le DEB allait imaginer la mort de
son père et mettre en scène la sienne. Tuer
l’imagination, flinguer le désespoir ! Et si c’était
cela “tuer le père” ?
58
(par Brigitte Giraud) :
On
ne pouvait pas oublier le fleuve. Dans ses vagues de boue, il en
traînait quelques-uns de mes souvenirs cabossés,
dérivant à la surface des eaux noires, des sortes de
petites embarcations fabriquées avec un bout de papier Job,
deux ou trois allumettes et un bouchon de liège. Ma mémoire,
à l’aveugle, retrouvait son chemin. J’ai pris le cigare
que l’homme m’offrait. J’ai suivi son regard dans le fouillis
des arbres. J’ai peut-être souri, allez savoir ! Je me disais
que les photos authentifieraient cette heure. On ne pourrait pas
revenir sur son existence, vous comprenez. Dire “de l’autre côté
de la rive, la voiture, la lourdeur de l’eau” avait un sens.
59
(par petite mauve) :
Quand
il se penchait au-dessus des eaux de la Garonne il y voyait son
double. Son reflet, son mauvais côté, son penchant
trouble comme les eaux troubles aussi ce jour là, ce soir là…
Un miroir glauque et nauséabond. Le DEB avait son double sous
les yeux. Sa moitié noire, sombre, sa part d’ombre… Le
mort était-il l’autre DEB ? Ou le DEB était il
l’autre mort ? A devenir fou, à péter les plombs ou
les pions… sur l’échiquier de la Vie, qui damait le pion à
l’autre ? Qui avançait, blanc ? noir ? Noir ? blanc ? La
partie n’était pas gagnée mais on sait bien comment
elle se termine, pas de surprise. Juste elle dure plus ou moins
longtemps !
Le
mort était arrivé au terme de la sienne et il voulait,
beau joueur, flambeur, terminer en beauté ! Alors la
providence ayant mis sur son chemin le DEB avec sa caméra, son
appareil photo, il s’en est saisi et lui a demandé de
l’aider… à finir. Le diable en DEB s’est levé, à
moins que ce ne soit le sage, compassionnel, se mettant à la
place du mort qu’il occuperait un jour, tôt ou tard. Tard il
préférait mais… Echec et mat !
Le
coup était parti, sec comme une trique !
Un
deuxième, un troisième pour achever le geste, le
contrat.
Jamais
deux sans trois… et voilà, c’était aussi simple que
cela. Tuer et mourir. Le plus dur en fait c’est de vivre !
Le
DEB regardait le mort, il était fasciné. Il croyait
voir son père, il croyait se voir. Comme dans l’eau de la
Garonne. Je
est un autre,
en attendant il était un assassin même s’il n’avait
fait qu’aider un pauvre homme fatigué de vivre. Las
d’exister. Il avait accompli son devoir mais qui le comprendrait ?
Le
Deb se secoua, se redressa, combien de temps s’était il
passé ? Où était il ? Qui était il ? Et
si tout cela n’était qu’un film ? Qu’un rêve ?
60
(par amb55) :
Cette
histoire c’est la tienne, c’est ta vie que tu regardes, c’est
ton histoire qui se déroule entre Mozart et Mort, sous ce pont
où s’écoule des flots de bahuts, près de cette
Garonne où le mascaret fait remonter dans les eaux douces le
sel de la mer, comme le présent fait remonter dans tes pensées
le sel du passé pour te guider vers ton avenir. Entre ciel et
terre, entre fleuve et mer, entre deux âges, entre deux eaux,
entre deux vins …
Tuer
le père…
Il
n’y a pas d’âge pour dépasser son Oedipe et se faire
enfin Apollon.
Un
film … un rêve. C’est le moment pour toi de sortir de ta
poche le PowerShot. Fixer sur les pixels le dernier regard, le
dernier tango, la dernière cigarette, le dernier métro,
la dernière Bentley …
Et
quand ils viendront frapper chez toi, tous les Pinault simples flics
et les Devin sans boule de cristal ….
quand
ils se pointeront pour savoir ce qu’il t’a dit le mort dis-leur
qu’il s’appelait Oedipe ce type et que tu n’en n’a rien à
foutre. Que ce dimanche là tu furetais sur la brocante de ton
quartier et que demain tu iras à la chasse aux papillons.
générique
de fin sur la chanson de Brassens : Un
bon petit diable à la fleur de l’âge la jambe légère
et l’oeil polisson….
61
(par petite mauve) :
Il
manque un morceau du puzzle, juste un petit bout de lumière,
un rai, un zoom, une coupure au montage. Car ton film est en bobines
comme tu nous a embobinés toutes et tous. Nous l’avons
cherché, nous l’avons voulu. Nous avons mordu à ton
âme-son, avec délices nous avons joué au gré
de tes fantaisies en la mineur. Maintenant il va falloir se quitter
et comme toujours c’est dur de couper le cordon. De cesser, de
faire le deuil, d’accepter l’ultime moment. Mais la Garonne
continuera de couler, sous le pont s’échapperont ses eaux,
dévaleront ses torrents, ruisselleront ses larmes. Et nous
pauvres orphelins nous traînerons nos pas nostalgiquement en
nous souvenant de cette histoire extra ordinaire qui nous a fait nous
unir le temps d’un rêve, d’un soupir, d’un scénario,
d’un flash… back !
Remontons
donc le temps dans la cabine de projection et revivons nos émotions.
La Garonne gardera ses secrets, le Mort aussi, la Bentley se referme
sur son Requiem, chacun tire sa révérence, pavane pour
une histoire défunte mais qui ouvre sur tant d’autres ! Car
la vie est là qui continue, qui nous appelle ! Dansons et
chantons, mêlons nos souffles, nos plumes, nos yeux et nos
langues pour le meilleur bien sûr !
62
(par petite mauve) :
Serait
ce Dieu que tu as rencontré au bord de la Garonne ? Serait ce
lui qui de guerre lasse, comme le commandant, t’as demandé
de l’achever ? Dieu et son havane ? Dans uen Bentley même
fausse ? Dieu qui en aurait eu marre de tout, de nous, du monde, de
son rôle ? Dieu qui nous aurait fait son cinéma ? Sur
l’écran noir de nos nuits blanches ? Dis DEB est ce Lui ?
Serais tu l’élu ? L’ange exterminateur ? Vois la Garonne
qui sourit en coin, qui rit franchement même ! C’st ça
? Tu as rencontré Dieu et tu l’as tué. Chapeau mec !
Là t’as fait fort !!!! Quelle vedette tu as enrôlée
là, la star des stars. Le top des top. J’en reviens pas !
Soufflée je suis… Dieu lui même et nous l’avons
cotoyé, parfois pas pris au sérieux voire malmené…
Vrai qu’il a l’habitude. Maintenant cela lui fait ni chaud ni
froid. Mais alors si tu as tué Dieu, qui va le remplacer ? Toi
DEB ? Non pas toi ! T’es pas à ce point megalo ? Un monde
sans Dieu, faut voir… Essayer. Inventer un nouveau monde sauf que
nous ne sommes pas nombreux à savoir… Allez DEB il est tard,
il te faut nous éclairer. Que la lumière soit !
63
(par electronlibre33) :
Ah
ben non alors. Moi, le lecteur de ce foutu roman pluriel acheté
au kiosque de l’aéroport, je ne suis pas d’accord. Mais
pas du tout. Il n’est pas fini votre truc…
DEB,
c’est pas encore l’heure, hein ? Rassure-moi, c’est pas pour ce
soir, le grand soir. Allez un petit effort. La partie n’est pas
finie. Va nous sortir ce bon vieux Culsec des bras de Pinault, en
train de s’envoyer Ludivine, sur le siège arrière de
la Bentley. Va et reviens donc avec. Fait leur cracher le morceau.
Sinon moi, c’est promis, j’arrete tout. Je veux savoir qui a tué
ce pauvre homme, car je suis sure que ce n’est pas toi, DEB, ah,ah.
Maudite rumeur. Et tout le monde y croit. Pfuuit, pfuuit.
64
(par katy) :
Le
mort, allez, pas de majuscule, pas de respect pour le mort car c’est
ce qu’il n’aurait pas voulu. Respect de quoi, d’un truc qu’on
attend toute sa vie, ce Pinault, il connaît le genre, et avant
de mourir il a gloussé comme un dindon fier de sa farce. Il
sent que ces flics vont fureter partout, englués dans leur
fièvre coupable et routinière! chercher des poils, des
cheveux, des rognures d’ongles éclatés, des bouts de
clope, un brin de tabac, un fil rouge, et les tapis de sol, bizarre,
non, ces tapis de sol faits de moquette rongée? Ce mec, il a
63 ans, l’âge de son père, il écrivait des
romans, manipulait à sa guise des personnages de papier, des
mots, qui bien qu’essentiels à sa vie propre, n’étaient
qu’un substitut d’angoisse, une façon de reculer devant
son échéance, et les vieux il en fréquentait
trop pour ignorer la misère qu’elle représente et la
souffrance…
Il
était au courant, et il devait en dénouer avec ce
supplice, braver la Camarde et ne lui point laisser lui ravir le peu
d’éléments qu’il avait sus s’approprier,
c’est-à-dire, mourir en connaissance de cause, et par choix,
près de sa belle Garonne endormie et bombée.
65
(par petite mauve) :
Où
sont passés les acteurs du drame ? Où est le DEB avec
sa caméra ? Ça manque sacrément de vie ici ! Et
le flic que fait-il ? Le toubib nécrophile il est parti où
avec ses tests foireux ? Rendez nous notre mort, au moins avec lui y
avait d’la vie !!! Las, la roue tourne. Aujourd’hui que se
passera t il ?
66
(par Amb55) :
D’ailleurs
ce DEB qui est-il ? il n’est même pas mentionné dans
les personnages du roman. Ne serait-il qu’un de ces acteurs que
l’on remercie au générique de fin pour leur ”
aimable participation” ? Tombé du ciel ? Ni DEB, ni d’Adam
… personnage biblique ? le Moïse de la Garonne ? Culsec,
Pinault et DEB, trois hommes et une Bentley ? DEB, Eros ou Cupidon ?
toutes les cordes à son arc. Guillaume Tell qui tire plus vite
que son ombre ? Mais on est la pomme ?
Culsec,
a-t-il pensé à analyser les entrailles de ce pauvre
Pilchard ? n’y aurait-il pas là-dessous une histoire à
la Blanche-Neige ? Mais où sont les nains ? Ah oui pour sûr,
il doit encore manquer des personnages ?
Franchement
là, je m’y perds. Ariane, belle Ariane, ramène-toi
avec ton fil. Dans ton histoire, il manque aussi un psy. Pour sûr,
le type aurait du boulot avec chacun des scribouillards de ton roman
collectif.
DEB
? psy de la toile ? voilà une autre corde pour ton arc.
Dédoublement, détriplement de personne ou de
personnalité.
Allez,
bonne journée que vous soyez flic ou fonctionnaire, écrivain
ou lecteur, habitué de la plate-forme ou novice, ou que vous
soyez comme DEB tous les personnages à la fois.
67
(par petite mauve) :
Un
psy ? Ah oui, il en aurait duu boulot … ouaih ! A commencer par lui
non ? Je veux choisir mon psy et mes acolytes. Faut pas désespérer
l’ami, y a de l’avenir à ce roman. Feuilleton oui, j’aime
assez, petit journal d’un groupe de campagne… On va lui raviver
la flamme, juste une pause pour mieux décoller et rejaillir au
grand jour ! Un grand feu plein de braises et d’étincelles
qu’il va être. Polar-fantastico-érotico-comique.
68
(par Amb55) :
Il
nous le faut ce coupable, il nous le faut ce mobile, il nous le faut
ce dénouement. L’histoire commence à peine ? Fais
quelque chose DEB, tu vois bien qu’on patauge.
69
(par DEB) :
Il
aurait pu ajouter qu’il m’attendait, mais il ne l’a pas fait.
J’aurais trouvé ça douteux et je n’aurais pas
accepté le cigare qu’il m’offrait.
-
Il n’est pas si facile de mettre un terme à la pauvre
histoire que nous représentons, vous comprenez, a-t-il repris,
vous verrez. Et n’allez pas croire qu’il s’agisse de hasard. Je
me suis renseigné sur vous. J’ai pensé que cela
pouvait vous intéresser.
La
dernière fois que j’avais vu mon père c’était
à quelques jours de sa mort. J’avais su, en le retrouvant
après tant d’années, que ce serait la dernière
fois. Il avait le même air las que l’homme à la
Bentley. Mon père avait voulu m’offrir sa Renault Fuego…
-
Je vous l’ai dit : elle est fausse cette Bentley. Fabriquée
en Chine où je ne sais où. Toutefois, si vous la
voulez, je vous en fais volontiers cadeau.
J’avais
refusé la Fuego de mon père. Il m’avait trouvé
orgueilleux.
J’ai
aussi refusé la Bentley. L’homme n’a rien dit.
-
Il n’y aura qu’un indice, reprit-il, il faut que vous le sachiez.
Mais qui ne leur servira à rien.
Je
me suis demandé si les promeneurs qui évitaient de
tourner la tête vers la Bentley ne nous prenaient pas pour des
homosexuels l’homme à la Bentley et moi.
-
Votre réputation risque d’en pâtir… Que
répondrez-vous si on vous demande ce que vous faisiez avec une
vieille tarlouze dans cette voiture de vieux beau à la dérive
?
-
Si seulement on me posait la question ! Mais non, personne ne me
demandera quoi que ce soit. Et vous le savez bien !
70
(par DEB) :
Fiasco.
Total fiasco ne titra pas Sud
Ouest.
Culsec,
Pinault dos à dos.
Nada.
Nothing. Ni empreintes, ni ADN. Le mort n’existait pas. On l’avait
filmé, photographié, radiographié : personne.
Son nom était personne, son nom était légion.
-
N’importe quoi ! hurla le big boss, celui du grand bureau, celui
qui reçoit les appels du préfet, et même parfois,
directement du saint des saints.
Pourtant
Culsec n’en démordait pas : ce cadavre lui disait quelque
chose. Un air de déjà vu ou je ne sais quoi.
Pinault,
lui, avait fait le tour des officines qui pratiquent le piercing. Le
papillon. Le papillon jaune. Bien sûr il y avait une fiche. Au
nom de Charles-Antoine Bastien. Mais il avait aussi disparu ce
Charles-Antoine Bastien. Il y avait une recherche dans l’intérêt
des familles, et qui ne datait pas d’hier. Trente ans qu’il avait
disparu ce Charles-Antoine. Pute borgne…
-
Pute borgne, mais j’en ai marre de ce bordel, hurlait le boss -
dont on sait pas encore s’il faut lui donner un nom - qu’est-ce
que vous avez à me proposer ? Paco Rabane, un médium ?
Une voyante ? Un parapschychologue ? Une secte ? Les Raéliens
? la magie noire, ou blanche ou le vaudou, mais si mais si, crachez
ce que vous avez sur le cœur !
71
(par petite mauve) :
Ainsi,
ainsi soit il ou elle ! L’indice, l’unique indice ne nous
servirait à rien !? Quel indice ? le papillon ? le cigare ? La
Bentley ? le Requiem ?… Décidément on pataugeait
ferme dans cette putride histoire… Le DEB en éclaireur mais
de quoi ? On avait plutôt l’impression de s’enfoncer dans
les ténèbres… En quoi le DEB pouvait il être
intéressé ? rapport à quoi ? Sa vie ? Son boulot
? sa femme ? Son père ?… Et ça continuait, la valse
des questions… et pas de réponse. Le drame s’épaississait
sans qu’on y trouve remède. Une Fuego en plus, Dieu que ça
faisait ringard ! En tous cas le feu n’y était pas. Et, en
plus, un homo ! Tous les ingrédients pour un crime sexuel…
sauf que. Pourquoi donc le DEB a appuyé sur la gâchette
? En plus il savait donc se servir d’une arme ! Lui ? Etonnant !
Peut être n’en était il pas à son premier
homicide par commandement ? Inconnu, incognito, le mort était
il un écrivain ? Un artiste ? pour intéresser le DEB ?
Un acteur ? Mais que faisait la police ? le toubib nécrophile
? Et le papillon était épinglé où ?
72
(par brigitte Giraud) :
JE
NE CONNAIS PERSONNE ET PERSONNE NE ME CONNAIT. Je disparais. Que
dis-je, je m’envole. Pfuuuuuuuiiiiiiii
73
(par electronlibre33) :
Ma
réputation, ma réputation, pensa DEB, jetant un œil
sur les passants gênés. Elle était déjà
faite, de toutes façons cette réputation. Depuis
longtemps. Mon ami Georges le déclamait au Caveau, il y a bien
longtemps. Voilà ce qui vous arrive lorsque vous ne suivez pas
la même route que celle des braves gens. Et Pilchard l’avait
compris, lui. Je le savais. Mais il l’avait reléguer au
tréfonds de son inconscient. Trop lourd qu’il était à
supporter, ce secret. Et moi, le Grand DEB, je m’en contrefous.
Depuis ce fameux jour, où …..J’avais 20 ans. Ce jour là,
je m’en souviens comme si c’était hier. La Fuego de mon
Père. Non, ce n’était pas possible. Je savais ce
qu’elle avait abrité, et la morale que mon Père
s’était efforcé de m’inculquer tout au long de ma
jeunesse, se trouvait soudainement bafouée. Impossible. Que
cherchait-il en voulant se débarrasser de cette vielle caisse
? Me faire porter le Chapeau. Noir ? Chapeau Noir ? Et si on allait
regarder un peu ce qui s’y passe sous ce Chapeau Noir ?
N’abrite-t-il pas quelque secret ? Un aigle ? un aigle noir. Tiens,
tiens. Ne serait ce pas une piste. « Un beau jour, ou peut-être
une nuit, près d’un lac je m’étais endormie, quand
soudain, semblant crever le ciel, et venant de nulle part, surgit un
aigle noir ». Le lac est là, il a fini par s’épancher
pour aller voir la mer. Endormi pour l’éternité,
c’est bien le cas de Pilchard. Le Père est là aussi,
à demi mot, comme dans la chanson de Barbara. Et si DEB était
l’aigle noir ? Surgissant de nulle part ?
74
(par petite mauve) :
Aigle
noir ? L’Indien ? L’étranger. Oui, il l’était,
lui qui n’était pas d’ici. Il s’était établi
dans le coin, tombant amoureux du paysage, le reste avait fait le
reste. Il y avait fait sa vie, comme il avait pu, bon an mal an. Pas
si mal finalement. La vie avait passé et maintenant, presque
notable, il se retrouvait en face d’une de ses créatures, un
de ses personnages de roman qu’il publiait à l’occasion !
Etonnant de voir le rêve prendre corps… et lequel ! Celui de
son père, le sien futur en somme. Troublant. Le face à
face était éprouvant. Demain, il y verrai plus clair
mais là il était sous le choc. Cela remuait pas mal de
souvenirs, de sentiments inavoués ou refoulés. Ce père
était il son père ? Et cet homme là, … Bon
sang ! Mais oui, lui qui avait tant douté de son géniteur,
car si la mère est sûre, le père ????
Cet
homme là devant lui, qui lui ressemblait tout en ressemb
